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Le Jura célèbre son combat gagné par "la force de conviction"

La conseillère fédérale Elisabeth Baume-Schneider arrive au Théâtre du Jura pour la cérémonie officielle marquant les 50 ans du plébiscite d'autodétermination du Jura, à Delémont. © KEYSTONE/JEAN-CHRISTOPHE BOTT
La conseillère fédérale Elisabeth Baume-Schneider arrive au Théâtre du Jura pour la cérémonie officielle marquant les 50 ans du plébiscite d'autodétermination du Jura, à Delémont. © KEYSTONE/JEAN-CHRISTOPHE BOTT
Il y avait foule pour l'apéro dans la Cour du château de Delémont, en présence de la conseillère fédérale Elisabeth Baume-Schneider. © KEYSTONE/JEAN-CHRISTOPHE BOTT
Il y avait foule pour l'apéro dans la Cour du château de Delémont, en présence de la conseillère fédérale Elisabeth Baume-Schneider. © KEYSTONE/JEAN-CHRISTOPHE BOTT


Publié le 23.06.2024


La population et des personnalités de tous horizons du canton du Jura ont fait la fête dimanche à Delémont à l'occasion du 50e anniversaire du plébiscite d'autodétermination jurassien. Discours officiels, animations et apéritif ont fait bon ménage.

"La logique démocratique l'a emporté, le combat jurassien a été gagné par la persuasion et non par la contrainte", s'est félicitée l'hôte de marque des festivités, la conseillère fédérale Elisabeth Baume-Schneider lors de la partie officielle, au Théâtre du Jura.

La cheffe du Département fédéral de l'Intérieur, qui a dit son émotion de se retrouver sur ses terres, a salué les efforts sans relâche de tous les acteurs de l'époque qui ont permis, après des décennies de lutte, la naissance officielle du Jura, le 1er janvier 1979.

"Logique démocratique"

Auparavant, il avait fallu l'aval des sept districts du Jura historique, le 23 juin 1974, par une courte majorité de 51,94%, à la création du canton lors du plébiscite dont le Jura marquait les 50 ans ce dimanche. Mme Baume-Schneider a salué aussi la magnanimité de la population du canton de Berne, qui elle-même a dit "oui" en 1978 au départ des trois districts qui ont formé le nouveau canton.

"Aujourd'hui, chaque région a choisi son destin et l'a confirmé, du district de Laufon (un des sept districts du Jura historique, aujourd'hui bâlois, ndlr) à ceux du Jura méridional (restés bernois) jusqu'à Moutier, avec panache. La logique démocratique l'a emporté sur la continuité historique", a relevé la conseillère fédérale.

Parmi les militants de la première heure, le secrétaire général du Mouvement autonomiste jurassien (MAJ) Pierre-André Comte a souhaité que la jeunesse jurassienne reprenne le flambeau "pour relancer un élan patriotique". Il a eu un mot pour la commune de Belprahon (BE), qui a pu manifester certaines velléités, vaines à ce jour, de rejoindre le Jura, comme doit le faire sa grande voisine de Moutier au 1er janvier 2026.

Apéro pour tous

En attendant cet énième et ultime épisode - du moins en l'état - de la Question jurassienne, l'heure était aux réjouissances dans les rues de la capitale jurassienne. Ces festivités du 50e ont été mêlées à la 77e Fête du peuple jurassien, une double occasion de marquer le coup.

Dimanche, le canton a invité toute la population pour un apéritif dans la Cour du Château. La foule s'est rapidement pressée devant les grilles donnant accès au chapiteau, dans une ambiance bon enfant. Plus d'un millier de badauds et de convives - officiels mais aussi parents avec enfants - ont répondu à l'invitation, au coeur d'une vieille ville agrémentée de diverses animations, notamment musicales, tout au long du week-end.

Par rapport aux grandes Fêtes du peuple des années 1970 qui attiraient des dizaines de milliers de personnes souvent militantes, celle-ci avait forcément des accents plus apaisés et sereins, conviviaux.

Mais les défis restent importants. "L'arrivée de Moutier et la redéfinition de nos frontières cantonales nous offrent l'opportunité de prendre un nouveau départ, tous ensemble", a déclaré la présidente du gouvernement Rosalie Beuret Siess, pour qui le canton doit revoir son fonctionnement.

La ministre des finances a admis que Moutier avait certes un prix, mais que la cité prévôtoise devait être avant tout considérée comme un cadeau qui arrive à point nommé pour un canton qui doit évoluer dans un contexte compliqué.

La journée devait se poursuivre par un cortège allégorique dans les rues de la ville.

ats

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